HOMMAGE A Maman

HOMMAGE A  Maman
HOMMAGE


Madame Arlette Gruss, Chevalier de la Légion d?Honneur, Chevalier des Arts et Lettres, s?est éteinte le 2 janvier 2006 au matin, auprès de son mari et de ses enfants, dans sa maison de la Sarthe, là où le Cirque qu?elle a créé faisait une pause de quelques jours avant de reprendre la route vers Bordeaux.


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Née à Vernon dans l'Eure, le 17 novembre 1930, elle est la fille aînée d?Alexis Gruss (né
en 1909) et de Lucienne Beautour (née en 1914). Arlette est l?aînée de neuf enfants.
Elle a eu trois enfants : Yann, Gilbert et Nora.
Ses petits enfants Kévin, Laura Maria, Eros, Sonia, Mariana, Sandro l?appellent ?Nonna?.

Toute une carrière d?artiste

Dès l'âge de 4 ans, Arlette joue de la grosse caisse avant de s?initier à l'art du trapèze. Elle se
produit en public à 7 ans. Un an plus tard, elle présente au cirque Medrano un pas de deux
avec son père. Le théâtre Mogador l'accueille dans l?opérette Les Saltimbanques. A cette
occasion, elle donne son numéro de trapèze. Elle a alors 10 ans. On la retrouve quelques
temps plus tard dans des exercices de mains à mains avec son frère Philippe.
En 1945, sous le chapiteau Gruss Jeannet, elle effectue un superbe numéro à la corde, puis
elle reprend le trapèze aux côtés de la fille de Lucien Jeannet.
En 1951, Arlette se produit sous le pseudonyme d'Hélène de Vernon.
En 1967, c'est sa première entrée de cage au milieu des panthères. Elle va entreprendre une
tournée européenne sur des pistes renommées. Puis elle cède progressivement la place à son époux Georges Kobann.

Le 9 juin 1984, Arlette met fin à sa carrière d'artiste.

Une aventure pleine d'avenir

C?est aux premiers jours de décembre 1985 que la fille du maître écuyer Alexis Gruss décida
d?appeler son établissement Le Cirque Arlette Gruss. Nouveau défi pour cette femme
d'exception qui, quelques mois plus tôt, avait annoncé à son père son intention de reprendre le
flambeau sous sa propre enseigne. En dehors du chapiteau, tout fut construit à la main, de A à Z, par Georges Kobann, le mari d'Arlette, et yann, Gilbert Gruss, son fils.

« Si tu te lances là-dedans, promets-moi de ne jamais baisser les bras ! », avait lancé Alexis
Gruss à sa fille en apprenant le projet qu'il na malheureusement jamais vu se concrétiser.
Arlette Gruss na pas failli à sa promesse. Et pourtant, nombreuses auraient été les occasions
de craquer aux débuts de cette fabuleuse aventure. Une issue d?ailleurs souvent évoquée (ou espérée?) dans le milieu, parfois très proche!

« Gens de coeur, nous pouvons défendre de grandes causes, y compris parfois, contre l?ordre établi. Toujours forts dans notre corps et dans notre tête, avec cette dose d?originalité qui permet de relever d?incroyables défis, nous sommes consacrés artistes par le public depuis cent trente ans. Notre destin est prestigieux», déclarait Arlette Gruss dans le livre écrit par Jacques Godot en 2002.

Prestigieux, c?est le mot.

Le 24 décembre 1992, le président de la République avait décerné à Arlette Gruss le Grand
Prix National du Cirque avec ces mots : « Cette distinction vient honorer l?exceptionnel talent, l?énergie et la rigueur que vous avez mis au service des Arts du Cirque et que vous avez su insuffler à l?équipe qui vous entoure ».

Ces valeurs sont toujours de pleine actualité.

Aujourd?hui, le cirque Arlette Gruss est une référence de qualité dans le spectacle vivant, en France et en Europe. Tout cela a été rendu possible par les efforts colossaux d?une équipe d?abord restreinte dont quelques fidèles sont toujours présents, dans l?ombre ou la lumière, et par la force de toute une famille.

Comme elle l?a souhaité de toutes ses forces et en a crée les conditions, son ½uvre sera poursuivie sous la direction de son fils Gilbert Gruss, créateur des spectacles et toute son staf depuis l?origine de cette ½uvre formidable.
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# Posté le mardi 27 mars 2007 16:19

Entretien avec Linda Biasini-Gruss

Entretien avec Linda Biasini-Gruss
Entretien avec Linda Biasini-Gruss


Linda Biasini-Gruss est une artiste de cirque aux multiples talents. Issue d?une famille d?artistes italiens, elle a parcouru de nombreux pays avant de venir sous le chapiteau du Cirque Arlette Gruss. Cette année, elle présente avec son mari, Gilbert Gruss, un magnifique numéro équestre. Je vous invite à faire connaissance avec une femme passionnante? c?est son premier entretien ?
Pouvez-vous résumer votre carrière artistique avant d?arriver au cirque Arlette Gruss ?
Avant d?arriver chez Arlette Gruss, avec mon papa, nous étions 5 s½urs et nous présentions un numéro d?acrobaties sur vélo et un autre fildeferiste. Nous avons fait des tournées avec ma famille dans toute l?Europe, la Grèce, et deux mois aussi au Japon. En 1995, nous avons tourné avec le cirque Amar toujours avec le numéro des vélos, car avant on ne tournait qu?avec ce numéro, alors que maintenant je change de numéro chaque année.
J?ai commencé à travailler à 11 ans et demi, c?était une passion car je voyais mon papa et ma maman travailler sur la piste et je ne me voyais pas faire autre chose. J?aimais beaucoup les acrobaties, travailler avec d?autres gens, mais ce que je préfère en ce moment, c?est de travailler avec les chevaux. J?ai toujours été passionnée par les chevaux et pouvoir les côtoyer ici, j?adore.
En 1997, nous sommes arrivés ici avec le numéro sur les vélos et j?ai connu Gilbert, depuis je suis restée ici.
Comment préparez-vous vos numéros avant de les présenter en piste ?
On prépare les numéros longtemps à l?avance, au moins huit mois à l?avance. Actuellement, nous préparons les numéros pour le spectacle 2007. La durée de la préparation dépend du numéro, de son importance. Pour les numéros aériens qui sont plus difficiles, ils sont préparés tout au long de l?année.
Vous vous rappelez la première fois que vous êtes entrée sur la piste ?
C?était en Angleterre , j?avais pas encore 12 ans, ma s½ur devait se faire opérer du dos et je devais la remplacer. J?étais toute calme, ma maman m?avait préparé le costume, la coiffure, le maquillage. Je connaissais le numéro puisque je répétais déjà avec ma famille. Quand je suis entrée sur la piste l?après-midi, je n?avais pas peur, je n?étais pas nerveuse, j?étais sereine, comme si cela était naturel. C?était beau, il y avait des fleurs sur la piste, des rappels, c?était vraiment beau.
Avez-vous un artiste de cirque qui est un modèle pour vous ?
Je n?ai pas d?artiste préféré en particulier. J?aime beaucoup ceux qui présentent des numéros d?acrobaties, de trapèze, car j?adore cela. J?aime quand on prend des risques. Sinon, quand j?étais petite, j?aimais regarder mes parents travailler sur la piste.
Et votre meilleur souvenir sur la piste du cirque Arlette Gruss ?
Chez Arlette Gruss, c?était quand j?ai reçu la première fois des fleurs sur la piste. On ne savait pas de qui elles venaient, on s?interrogeait avec mes s½urs. A la fin, on a découvert qu?elles étaient de Gilbert, c?était en 1997. C?était romantique, un gros bouquet de roses?
Vous êtes maman de 2 jeunes enfants, quels conseils donneriez-vous à un enfant qui rêve de se produire dans un cirque ?
Il faut venir voir, il faut aimer, il faut aimer le cirque car ce n?est pas tout le monde qui aime le cirque. Il faut la passion, le temps. Quand on veut travailler sur la piste, il faut la volonté. Si on n?a pas la volonté de faire quelque chose, on ne va jamais y arriver. Il faut venir voir, il faut vivre cela pendant 2-3 semaines?Après les spectacles, les enfants ont envie de cela, c?est magique pour eux. Quand je suis sur la piste et que je les vois avec les yeux grand ouvert, c?est très fort pour moi car j?adore les enfants?Mes enfants sont ma passion et quand ma fille me regarde sur la piste cela me donne envie d?aller plus loin, elle va aussi sur la piste avec son papa, Gilbert? »

Fabienne Rêve
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# Posté le mardi 27 mars 2007 16:35

Prestigieux, c?est le mot.

Prestigieux, c?est le mot.
Prestigieux, c?est le mot.

Le 24 décembre 1992, le président de la République avait décerné à Arlette Gruss le Grand Prix National du Cirque avec ces mots : « Cette distinction vient honorer l?exceptionnel talent, l?énergie et la rigueur que vous avez mis au service des Arts du Cirque et que vous avez su insuffler à l?équipe qui vous entoure ».
Ces valeurs sont toujours de pleine actualité. En vingt ans, plus de 250 artistes ont illuminé la piste au cours de spectacles annuels conçus et mis en scène par Gilbert Gruss, entouré de précieux collaborateurs. Ce véritable moulin à idées a imposé une marque Arlette Gruss à chaque création, puisant dans les origines du cirque traditionnel pour générer des spectacles résolument modernes.
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# Posté le dimanche 01 avril 2007 06:24

Linda Biasini-Gruss

Linda Biasini-Gruss
Mais quelle est donc la spécialité artistique de cette femme discrète et toujours souriante aux talents si multiples que vous pensez l?avoir déjà vue dans à peu près toutes les disciplines.
Linda Biasini-Gruss sait tout faire et bien faire.!!!
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# Posté le dimanche 01 avril 2007 07:59

Quand on avait un coup de blues

Quand on avait un coup de blues
Quand on avait un coup de blues, tu disais toujours : « c?est pas le moment de baisser les bras ! ».
Aujourd?hui, le coup de blues, il est énorme. Il ne nous reste plus que ta voix qui résonne pour nous dire de relever la tête?
Depuis toujours tu t?es battue contre vents et marées ; même dans cet ultime combat, tu n?as jamais renoncé.
C?est cette force que tu nous as transmise, inculquée, qu?il faut que nous nous efforcions de retrouver maintenant.
Les épreuves, tu les avais connues.
Les responsabilités, tu en avais l?habitude depuis ton plus jeune âge, puisque tu fus l?aînée d?une fratrie importante. Quelques toutes petites années te séparaient de ta maman, alors les responsabilités, tu as su les prendre de bonne heure, et elles ne t?ont jamais fait peur. Au contraire. Bien souvent, c?est dans l?épreuve que tu savais puiser ta force.
Je t?entends nous dire : « ne baisser pas la tête ». Tu ne l?as jamais baissée ; même quand parfois ça allait mal, tout de suite tu te reprenais : « et puis après tout, on en a connu d?autres? on y va ! On fonce ! ».
Tu t?es rarement trompée, ton instinct, ton talent te guidaient. Certes, tu avais, comme on dit, un caractère bien trempé, mais derrière il y avait un grand c½ur. Un c½ur énorme qui supportait mal les trahisons, les mensonges, les faux jetons.
Combien de fois, dans ce métier, on nous a dit finis, en difficulté. Certes, comme nous ne faisions pas comme tout le monde, cela ne pouvait pas durer. Et pourtant ! Souvent, l?année dernière, autour d?un café, nous avons évoqué ce beau parcours qui nous a amené jusqu?aux 20 ans du cirque.
Une réussite que tu aimais partager. Car autour de toi, il y a tout une équipe, une équipe que tu avais su rassembler, que tu savais fédérer, motiver. Une équipe à qui tu as appris énormément. Alors aujourd?hui, certes nous sommes orphelins? la page est lourde à tourner? notre peine n?est pas descriptible, mais ce cirque, c?était ta vie. Alors, la plus belle façon de te rendre hommage, de te garder près de nous, c?est de nous battre pour aller encore plus haut, encore plus loin. Car, tu nous l?as appris : « les gars, ne vous reposez pas sur vos lauriers ! Rien n?est jamais acquis? »
Depuis quelques années, les distinctions se sont multipliées : le Grand Prix National du Cirque, la Légion d?Honneur, les Arts et Lettres, Femme de l?Année, et tout dernièrement, le Mérite Culturel Monégasque. Mais ce qui te rendait sans nul doute la plus fière, c?était de voir le cirque plein, avec ce public enthousiaste. A la fin du spectacle, tu baissais le son de la télé pour entendre les acclamations du final : tu nous disais que cette récompense-là valait bien tous les sacrifices.
Aussi, j?imagine que, de là-haut, et à la fin de chaque représentation, tu auras l?ouie attentive? Alors nous ferons tout. Nous allons travailler. Travailler toujours afin que les applaudissements durent longtemps, longtemps encore pour que tu puisses dire : « c?est bien mes petits, continuez ».
Je dis souvent que tu es l?âme de ce chapiteau? Ton esprit sera toujours là. Dans nos c½urs tu resteras omniprésente, car tu es quelqu?un d?inoubliable.
Nous sommes fiers d?avoir fait partie de ta vie ici bas. Fier d?être ton mari. Fiers d?être tes enfants. Fiers d?être de ta famille. Fiers d?être tes collaborateurs. Fiers de t?avoir connue, fiers de t?avoir rencontrée?
Sois tranquille, reposes toi un peu, tu le mérites bien. C?est à nous de bosser maintenant.
Tu disais souvent que c?est ton père qui t?inspirait. Ton admiration pour lui était immense. Tu pensais qu?il veillait sur toi. Alors, aujourd?hui, j?aime à imaginer, qu?en compagnie de papy et mamy, tu veilles déjà sur nous?
Je sais, tu vas me dire que je suis un peu trop long. Alors, pour terminer, Arlette, en notre nom à tous, je souhaiterais dire une chose encore. Oh ! Une chose toute simple : NOUS T?AIMONS.
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# Posté le dimanche 01 avril 2007 08:08